Théo 2026 : les pleins et les vides

Théo 2026 : les pleins et les vides

2026

L'harmonie des Pleins et des Vides est un élément primordial de toute composition visuelle.

La vie s'organise autant par ses substances et sa masse que par ses creux.

Une monture équilibrée, joue avec les pleins et le vide : ce Rien dont tout provient et qui est animé par les souffles vitaux.

Cet « entre » est la respiration du vivant.

Une monture qui nous permet de capter les lignes internes des choses et de fixer les relations qu’elles entretiennent entre elles.

Un regard avec des points de repère, un regard qui évite les situations de trop-plein.

Et nous aide à faire la part des choses.

Suffisamment fermé pour donner une unité de lieu et suffisamment ouvert pour laisser le regard.

La vie s'organise autant par ses substances et sa masse que par ses creux, autant par ses membranes que par ses vacuoles, par sa peau que par ses porosités et ses orifices.

André Leroi-Gourhan a montré comment la plupart des schèmes d'action qui « travaillent » la matière reposent sur le jeu réciproque du plein et du vide (par exemple, le schème d'évidement : enlever, graver, gratter, tailler, sculpter, limer, etc., ou celui du mixage : mélanger, raffiner, moudre, piler, fondre, etc.). Ainsi, ce n'est pas la matière, mais c'est la forme qui peut être dite pleine ou vide. La technique réalise ce retournement d'un « trop-plein » qu'est le matériau (un excès d'information selon Georges Simondon), en ce vide potentiel susceptible d'accepter la forme et de la manifester. Cette condition est à la base même de tous les arts plastiques (par exemple, l'architecture est tout autant un art du vide qu'un art du plein), des arts du fil (tissage, vannerie, couture, nœud, filet sont autant de moyens de jouer sur le vide), des arts des contenants (outre, gourde, vase, boîte, coffre, etc., signifient par leur volume vide).

le peintre cherche-t-il à capter les lignes internes des choses et à fixer les relations qu’elles entretiennent entre elles, d’où l’importance du trait. Mais ces lignes de force ne peuvent s’incarner que sur un fond qui est le Vide. Il faut donc réaliser le Vide sur la toile, entre les éléments et dans le trait même. C’est autour de ce Vide que s’organisent toutes les autres notions de la peinture chinoise. Riche de sa double culture, François Cheng nous donne les clés d’appréhension et de lecture de la peinture chinoise en la confronta.

Celui-ci est hanté par l’idée du Vide, un Rien dont tout provient et qui est animé par les souffles vitaux : le Yin, le Yang et le « Vide médian » qui transcende leur opposition. Cet « entre » est la respiration du vivant. Pour dessiner un tronc d’arbre par exemple, l’Occidental tracera une verticale de haut en bas, car « il capte une existence déjà donnée », tandis que le Chinois pose le trait de bas en haut pour « appréhender l’arbre dans sa vitalité interne », continuant à pousser depuis ses racines. 

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  • Théo