Raw modernism : Accolay Clay Today, UCCA - Yixing, Chine

Raw modernism : Accolay Clay Today, UCCA - Yixing, Chine

2026

scénographie de l'exposition 

commissaires : Franck Gautherot & Seungduk Kim, Consortium museum, Zhang Yao

Cette première exposition d'envergure dans un musée en Chine UCCA réunit un ensemble de pièces issues de la production de la poterie d'Accolay en écho à des oeuvres contemporaines de Sylvia Auvray, Nitsa Meletopoulos, Geng Xue, Ou Ming,  Sun Xue, Rena Kudoh, Takuro Kuwata et Robert Cuoghi. 

Le titre de l’exposition, « Raw Modernism : Accolay Clay Today », joue sur la double signification du terme « raw ». D’une part, il évoque la transformation matérielle provoquée par le four lors du processus de cuisson de la céramique : lorsque l’argile brute est cuite pour devenir une substance solide, achevant ainsi le passage d’une matière malléable à un objet durable. D’autre part, « raw » évoque un modernisme autodidacte, un mode de production artistique dans lequel les potiers d’Accolay, travaillant en marge des systèmes académiques, puisaient leur imagerie et leurs formes dans les médias de masse et les magazines populaires, développant ainsi un langage visuel distinctif grâce à une absorption constante de la nouveauté, de l’art abstrait et de la culture populaire. 

Évoluant avec fluidité entre l’art, l’artisanat et le design, et s’ancrant dans l’imagerie populaire et l’expérimentation des matériaux, cette démarche a façonné le « modernisme brut » qui caractérise aujourd’hui la céramique d’Accolay. S’articulant autour de ce concept, l’exposition met en parallèle deux modes de pratique céramique : l’atelier d’Accolay, caractérisé par la production anonyme d’objets quotidiens typiques allant des vases et lampes aux masques et figurines d’animaux ; et les pratiques céramiques contemporaines d’artistes issus de contextes culturels divers, qui repoussent les limites du médium en explorant ses possibilités à travers différents matériaux et formes.

La céramique d’Accolay a vu le jour lors de la reconstruction d’après-guerre en Europe. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un petit groupe de jeunes Parisiens a quitté la ville pour s’installer dans le village d’Accolay, près de Vermenton, dans le nord de la Bourgogne, où ils ont créé un atelier de poterie sur les rives de la Cure. En exploitant de front une station-service et un atelier de production de céramique, ils ont développé un modèle de pratique collective alliant vie quotidienne, production et vente. Leurs œuvres étaient réalisées dans l’atelier puis vendues directement à la station-service, intégrant ainsi la pratique de la céramique dans la circulation quotidienne et le système économique local. Cette pratique se caractérisait par une production collective : toutes les œuvres étaient signées de manière uniforme « Accolay » afin de minimiser la paternité individuelle, tout en s’inspirant largement de ressources visuelles telles que les magazines populaires. Dans des conditions peu coûteuses et efficaces, la production assumait sa nature commerciale avec un esprit expérimental.

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Crédits

  • UCCA