- espace
- expérimenter
- transmettre
égards obliques, Musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds, Suisse
Déployée dans une salle du musée, l’exposition Égards obliques invite à ajuster les regards. À travers une sélection de projets et d’oeuvres, matali crasset cherche à créer un décalage dans notre perception. Elle explique : « Générer un défaut d’alignement pour sortir de nos schémas de pensée et développer des égards ajustés envers tous les êtres, vivants et non vivants. » L’exposition s’articule autour de trois axes qui proposent de nouvelles formes d’habitabilité et de vivre-ensemble, à travers un design pensé comme un levier de transformations sociales et écologiques.
La communauté qui (de)vient
La communauté qui (de)vient est un dispositif en bois, pensé comme un espace social d’échanges et de prise de parole. Avant la discussion, les sujets de débat sont annoncés sur les panneaux écussons tout autour de la structure. Les participant.es se saisissent de tabourets au moment de la discussion pour former une agora. Une fois le rassemblement terminé, chacun replace le tabouret qu'il a utilisé pour refermer le dôme. La structure est alors sur la défensive, elle protège les prises de position collectives et la décision commune. Dans un contexte où l’espace public est de moins en moins investi, ce dispositif affirme la volonté de réactiver le commun, en recréant des lieux de parole partagée et en participant ainsi à une forme de réparation du lien social.
Les espèces existentielles et Antretemps
matali crasset écrit aussi des fictions et dessine des formes de vie pour imaginer de nouvelles communautés capables d’habiter la Terre de manière plus saine, consciente et solidaire. Elle invente de nouveaux récits qu’elle qualifie de fantaisies, mais qui s’apparentent en réalité à des écotopies. Ces histoires ne relèvent pas de la simple utopie abstraite, elles proposent des cadres de vie pensés pour réparer nos sociétés fragilisées et ouvrir la voie à des futurs désirables où le collectif, l’écologie et l’attention au vivant deviennent des principes fondateurs. Antretemps est une communauté, créée par matali crasset, elle prend forme dans l'exposition à travers des tapisserie qui définissent les valeurs communes de ses membres. C’est une communauté mobile qui se rend dans les territoires où les conditions d’habitabilité de la Terre se sont dégradées. De lieu en lieu, elle agit pour accélérer les prises de conscience et tisser un réseau d’entraide mutuelle. Peu à peu, Antretemps ravive la possibilité de futurs désirables. Grâce à la fantaisie et à l’écotopie, l'artiste ouvre un espace où l’imaginaire devient une forme de résistance.Les espèces existentielles est une galerie de portrait en tapisserie. Des présences mi humaine mi animal créées pour questionner notre acceptation de l’alterité (de l’autre dans sa différence) qu’il soit humain ou non-humain.
Le temps de la restitution
Cette habitation expérimentale est conçue pour instaurer une autre relation aux déchets et aux cycles de la matière. Réalisée à l’échelle 1, cette maison-prototype permet d’expérimenter des scénarios de vie autonomes, où chaque geste quotidien participe à un cycle vertueux. Inspirée des "pithouses" néolithiques, elle se présente sous la forme d’une petite maison ronde, surélevée sur une butte de terre. Tout ce qui vient du sol doit y retourner, des trappes tout autour de la structure permettent de remplir le compost, de ventiler l'habitation ou encore d'évacuer l'eau. L'idée est de pouvoir produire, consommer, restituer : tel est le cycle que cette maison matérialise. Sa surélévation à 1 mètre du sol crée un espace où les déchets se voient et se réutilisent plus facilement en ressources.
jusqu'au 9 aôut 2026
musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds, rue des musées CH-2300 La Chaux-de-Fonds, Suisse
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Crédits
- matali crasset, Gaspard Gigon